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TORTURE AU COMMISSARIAT

novembre 13, 2020

– Attention, descriptions choquantes –

Nos confrères de StreetPress ont réalisé une enquête détaillée sur l’extrême violence pratiquée au sein du commissariat du 19e arrondissement de Paris. Racisme, tabassages, humiliations, et des cas qui s’apparentent à des scènes de torture. Extraits :

– « J’étais menotté, les bras écartés et ils tapaient, tapaient. C’est de la torture. » Moha, 37 ans a été violemment tabassé par des policiers du 19ème arrondissement de Paris, dans la nuit du 7 au 8 juillet 2020. « Je n’ai jamais reçu autant de coups et d’insultes. Pourtant j’en ai fait des gardes à vue, mais celle-là c’était violent », soupire-t-il. […] Un policier m’a dit : “Quand j’aurai fini de m’occuper de toi, ta mère ne te reconnaîtra pas”. » Selon lui, huit policiers l’ont frappé. […] Un des agents lui attache sa main gauche avec une seconde paire de menottes. Il se retrouve donc assis, les bras écartés en position christique. C’est à ce moment que débute son véritable calvaire, dit-il. « Je me suis pris des coups de pied en plein dans le ventre et dans le thorax ».

– Parmi les policiers, deux d’entre eux, faisaient partie de l’équipage de la BAC qui, le 26 mars 2017, a été impliqué dans la mort de Liu Shaoyao, un père de famille abattu chez lui alors qu’il coupait du poisson dans sa cuisine sous les yeux de deux de ses filles, Nathalie et Isabelle.

– « Je me prends un violent coup de pied dans les côtes. Des coups de matraque à plusieurs reprises. Des coups de poing au visage, une strangulation. J’ai essayé de me relever à plusieurs reprises mais son coéquipier me mettait des coups de matraque sur les doigts, car j’ai essayé de me relever en empoignant la porte. » Pierre entend le bruit des coups et les cris de douleur. Des insultes racistes aussi, complète François. « Plusieurs flics ont fait des allers-retours pour aller le taper. Certains se lavaient les mains au gel hydroalcoolique en revenant. Pendant ce temps, les autres jouaient au Uno, comme si de rien n’était. »

– Les deux hommes aperçoivent dans l’une des pièces attenantes un homme à terre, en grande partie dénudé. Il a la jambe couverte d’un grand bandage ensanglanté et les mains menottées au serflex. « Ses doigts et ses poignets avaient enflé », explique le dernier arrivé : « Ça les faisait marrer. Le mec pleurait et gémissait en arabe. Et on a compris par les commentaires des flics qu’il s’était chié dessus. »

– Pascal appelle la police parce qu’un de ses invités refuse de quitter l’appartement. Il est embarqué et tabassé au commissariat. Pascal est noir. « Il ne comprend pas bien pourquoi il a atterri là. Il veut porter plainte, mais finit par être menotté. Le ton monte. Ils voulaient que lui aussi se soumette. Qu’il reconnaisse “qui est le chef”. » L’homme refuse selon les autres gardés à vue. Ils l’auraient alors mis à genoux de force, les mains menottées dans le dos, pour ensuite le passer à tabac méthodiquement. « Ils l’ont massacré. Ça a duré plus d’une heure ». « Il devait avoir la mâchoire pétée. » Il décrit les grands coups au torse, aussi. « Il disait qu’il avait des côtes cassées, eux ça les faisait rire. » Autre scène rapportée par Pierre. Un policier sort une bombe d’AirWick et arrose la victime :« tu pues. Tu pues l’négro Pascal. » […] Pierre décrit : « Un moment on l’entend vraiment se faire étrangler et manquer d’air une première fois. Lorsqu’il est lâché et reprend son souffle, le bruit est indescriptible […] les flics qui disent : “Bah alors Pascal, on se réveille !”. Reprise de respiration soudaine et difficile. »

– Été 2020, vers 1h du matin, la police interrompt une soirée d’anniversaire qui se tient dans un appartement voisin des Buttes-Chaumont : tapage nocturne. Les jeunes fêtards sortent de l’appartement. La seule personne noire de la soirée se fait embarquer le premier pour outrage, sans que le reste de la troupe ne sache pourquoi. « Ils étaient sans matricules, sans caméras et super énervés […] un policier passe derrière Christophe, le menotte et l’embarque à son tour » Dans le camion qui amène Christophe et ses amis au poste, des bleus les menacent : « Vous allez voir, on va vous le faire payer ». Ils se font traiter de « pédés », « fils de pute » et « bobos de merde »« Un policier met un gant noir et me lance : “T’as jamais connu la peur de mourir”», se rappelle-t-il. S’ensuit, dit-il, un véritable passage à tabac. Un policier aurait fait une balayette à Christophe. Une fois par terre, les trois agents lui auraient mis des coups de pied puis l’auraient relevé en l’étranglant. « Ils me font nettoyer mon sang avec du gel hydroalcoolique et du papier. Ils m’ont dit de nettoyer, que ça devait être propre et que ce n’était pas à la femme de ménage de le faire. »

– En 2013, déjà, StreetPress racontait le passage à tabac d’un collégien dans ce même commissariat. Il avait eu le bras cassé. Au fil des années, plusieurs autres articles de presse ont documenté les violences de certains fonctionnaires de cet arrondissement. Et en 2018, deux policiers (identifiés grâce à des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux) ont été condamnés pour des violences commises sur des lycéens de Bergson.

Article complet : https://www.streetpress.com/sujet/1605124303-police-actes-torture-commissariat-19eme-paris

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