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juin 8, 2021

Trois réflexions sur la claquounette donnée à Macron par un homme probablement royaliste, ayant crié « Montjoie Saint-Denis » au moment de frapper le président.

➡️ Ingratitude : Macron a tout donné à l’extrême droite. Il a nommé un ministre de l’Intérieur issu de l’Action Française, il a mené une politique d’extrême droite à la fois autoritaire et raciste, il a voté avec le RN les lois les plus dures depuis la Libération contre les exilés, réprimé à peu près toutes les mobilisations sociales ou vaguement de gauche. En plus de cette violence tous azimuts, Macron a affiché son amitié pour le politicien d’extrême droite Philippe De Villiers et fait des cadeaux à son Puy du Fou, copiné avec le journal réactionnaire Valeurs Actuelles, soutenu Eric Zemmour et passé sous silence à peu près toutes les violences d’extrême droite depuis 4 ans. Et malgré ça, il reçoit une baffe par un individu d’extrême droite. La revanche du destin.

➡️ Vulnérabilité : une tradition bien française s’est installée depuis Nicolas Sarkozy, les responsables politiques ne se déplacent plus sans une armée de CRS et de gardes du corps armés. Le summum étant atteint par Macron, qui, même au fin fond de la France profonde, est accompagné de dizaines de forces de l’ordre. Mais même avec une garde prétorienne, aucun puissant n’est invulnérable. Cette gifle en est un exemple, mais aussi, il y a quelques jours dans un village du Lot, quand des habitants lui ont crié « tu n’en as plus pour longtemps Macron », et « où est Steve ? ». Vu le climat de tension politique qui règne, il est d’ailleurs probable qu’il ne s’agisse pas du dernier incident.

➡️ Union sacrée : suite à cette gifle, toute la classe politique apporte son « soutien » à Emmanuel Macron et « condamne » l’acte. Une sorte de remake du « Front Républicain », une façon de faire bloc derrière le président. Un concert d’hypocrisie. Qui n’a jamais rêvé de claquer un président de la République ? Qui n’a jamais imaginé exprimer sa colère en face de Macron ? Qu’est-ce qu’une bousculade au regard de quatre années de mutilations, de crimes policiers, de violence sociale, d’insultes ? Quant à la dénonciation de l’extrême droite, il est indigne d’utiliser cette gifle pour tenter de parler d’antifascisme aux gens qui font monter méthodiquement Marine Le Pen. Des violences d’extrême droite, des attaques de mosquées, des agressions racistes, des militants violentés, il y en a chaque semaine dans une indifférence mortifère. Aucun soutien pour les complices du fascisme.

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