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TABASSAGE DU BURGER KING : LES JUSTIFICATIONS HALLUCINANTES DES CRS

juillet 13, 2020

Absence totale de regrets ou d’empathie, diffamations délirantes contre les victimes, propos de nature fasciste


Les images avaient fait le tour du monde, et prouvé la férocité de la répression contre les Gilets Jaunes. Le 1er décembre 2018, une bande de CRS entrait dans une enseigne Burger King au cœur de Paris, après avoir inondé la rue de lacrymogènes, et avaient passé à tabac, pendant de longues minutes, les Gilets Jaunes qui s’y étaient réfugiés. Une scène de violence gratuite d’une brutalité inouïe. Près de 2 ans après, 4 CRS ont finalement été identifiés. Selon la presse, ils sont « tous très bien notés, décorés et félicités à plusieurs reprises, et ont la confiance de leur hiérarchie ». Cela en dit long. Le chef de section a par ailleurs été mis en cause en 2015 pour « violences aggravées » contre un migrant de Calais.

Ce chef est « soupçonné d’avoir porté quatorze coups de matraque sur quatre victimes différentes ». Un brigadier est « l’auteur présumé de 23 coups de matraque environ et de coups de pieds sur 7 personnes ». Un CRS, monté à l’étage, a mis 5 coups de matraque et un coup de pied sur une personne au sol. Mais le plus effrayant, ce sont les justifications que ces CRS donnent pour justifier ce tabassage. Aucun remord, aucune excuse, aucune pensée pour les victimes, pour certaines encore traumatisées. Empathie totalement absente. Des attitudes que le dernier des malfaiteurs n’oserait pas tenir face à la justice.

Après avoir tenté de se victimiser en prétendant qu’ils ont cru « mourir » le 1er décembre, ce qui, vu les faits et les images, prête à rire jaune ou à hurler de rage, voici les justifications des CRS aux enquêteurs :

– «Je suppose qu’il s’agit là d’une manière de marquer les esprits. J’agis ainsi à cause de ma formation de maitre-chien. Il faut que les ordres soient clairs et ça doit claquer pour montrer que c’est sérieux »

– « J’ai fait mon boulot, j’ai obéi aux ordres et je n’ai pas pu faire autrement que de donner des coups de gomme»

Trop facile : personne n’a obligé ces individus à frapper des gens au sol, encore et encore et encore.

Pire :

– « C’est étrange que cet individu qui est frappé ne se lève pas pour sortir. Il a une technique zadiste et il attendait les coups, la résistance passive. (…) On crie sans arrêt « dégagez, dégagez, debout, dégagez ». Les manifestants restent au sol. »

-« Je pense qu’il s’agit d’une sorte de résistance passive type altermondialiste, Il fallait faire vite pour les disperser, il n’y avait pas d’autre choix. (…) Je donne ces coups car les personnes présentes dans le Burger King n’ont pas obéi à nos injonctions initiales et réitérées. »

Comme si les manifestants tabassés souhaitaient se faire frapper, et avaient délibérément choisi de recevoir des coups. Comme si, sous une pluie de coups de matraques et dans une atmosphère irrespirable, quelqu’un pouvait avoir des réactions rationnelles. Comme si le fait d’être “ZADiste” ou apparenté justifiait un tabassage en règle.

Ces propos tenus dans un cadre judiciaire par des CRS dont les actes sont intégralement filmés en disent long, très long sur la fascisation du corps policier tout entier, et du sentiment d’impunité des agents.


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