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NANTES : UN ADO DE 15 ANS ARRÊTÉ CHEZ LUI POUR AVOIR APPLAUDI DEVANT LE CHU ET APPELÉ À UNE MANIF

mai 16, 2020

Depuis une semaine, alors que les activités économiques reprennent mais que « l’état d’urgence» reste appliqué, la menace sanitaire est très clairement utilisée pour réprimer la contestation. Par exemple, à Nantes, un adolescent de 15 ans a été arrêté chez lui, placé en garde à vue, et poursuivi pour une « participation » à un rassemblement, et pour avoir lancé un appel sur Facebook. Il raconte :

« Mercredi, les policiers de la BAC sont venus me cueillir chez moi vers 8H du matin. Je leur ai demandé pourquoi ils me plaçaient en Garde à Vue mais ce n’était pas clair. Arrivé au commissariat, je vais vers les cellules, un policier me coupe le cordon de mon pantalon, je vois un médecin, un avocat. Au moment de l’audition, les policiers me demandent si je suis bien administrateur d’une page de Gilets Jaunes qui a appelé à la manifestation de samedi [16 mai] à Nantes. J’ai avoué que c’était moi, il y avait des images sur mon téléphone et ils avaient mon adresse IP. Ils voulaient savoir si j’étais seul à gérer, la page, ils me demandaient « t’es sur ? Il n’y a pas quelqu’un d’autre ? ». Ils m’ont dit que c’était un appel à la violence car j’avais écrit en description « Révolution » et « Contre l’impunité policière ».

Le motif de l’arrestation est donc éminemment politique : faire interdire un rassemblement et intimider celui qui a diffusé l’appel. D’autant plus que ce jeune est déjà connu et repéré en manifestation. Le prétexte reste insuffisant pour justifier des poursuites contre un mineur. Les policiers, qui avaient déjà arrêté le jeune homme lors des manifestations de Gilets Jaunes, l’accusent de ne pas avoir respecté une précédente « interdiction de manifester » :

« Ils m’ont demandé si j’étais présent au rassemblement du lundi 11 mai devant le CHU. J’ai nié mais ils avaient des vidéos et des photos. Ils m’ont remis en cellule. Puis une nouvelle audition. J’ai avoué. Ils m’ont demandé si je connaissais les personnes qui appelaient au rassemblement devant le CHU, je leur ai dit que non. Ils m’ont remis en cellule, ma garde à vue a duré 24H. Un policier m’a insulté de « petit enculé » et de « connard ». Le lendemain ils m’ont emmené en camion cellulaire au Tribunal. Je suis passé devant le juge, et ils m’ont mis en examen pour « non respect de contrôle judiciaire » mais pas pour l’appel à manifester. »

Si cet exemple d’intimidation contre un ado est édifiante, des manœuvres du même type ont lieu un peu partout en France depuis une semaine, notamment des coups de pression contre des internautes relayant des appels. La crise du Covid est l’occasion d’attaquer plus encore toute tentative de revendiquer. Pendant la Garde à Vue, les policiers ont fouillé le téléphone du jeune arrêté et supprimé l’événement facebook. Le collégien est désormais dehors, et aura des poursuites judiciaires. Il conclut, dépité : « 24H en cellule et un déferrement pour avoir applaudi le personnel hospitalier… »

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