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đź’Ą NANTES : 3000 PERSONNES CONTRE LE FASCISME ET LE POUVOIR EN PLACE

avril 17, 2022

“Faire bloc, s’unir, s’organiser”


Samedi 16 avril. PĂ©riode d’entre-deux tours opposant un banquier autoritaire Ă  une fasciste. Les 5 annĂ©es qui viennent s’annoncent terribles et, pourtant, l’effervescence du printemps 2002 paraĂ®t loin. Ă€ l’Ă©poque dĂ©jĂ , un duel opposait l’extrĂŞme droite au prĂ©sident sortant. Et plusieurs millions de personnes avaient pris les rues, Ă  plusieurs reprises, avant le second tour.

Cette fois-ci, le scĂ©nario semble Ă©crit d’avance et beaucoup semblent s’ĂŞtre habituĂ©s au pire, alors que la menace d’extrĂŞme droite n’a jamais Ă©tĂ© aussi claire. Face au duo mortifère et Ă  l’avenir bouchĂ© qui nous est promis, c’est dans la rue qu’il est pourtant dĂ©cisif de relever la tĂŞte.

Ce samedi Ă  Nantes, un grand soleil accompagne la mobilisation. AppelĂ© par le syndicat Solidaires et de nombreuses organisations de jeunesse, le cortège regroupe près d’un millier de personnes au miroir d’eau.

Une large rangĂ©e de trois banderoles aux couleurs vives conduit la manifestation. Fumigènes colorĂ©s, slogans, l’ambiance monte, le cortège enfle pour atteindre entre 2 et 3000 participant.e.s. Le collectif «En Marx» a amenĂ© son char antiraciste avec son sĂ©rum «anti-despote». Il y a un cerbère Ă  trois tĂŞtes : Macron, Le Pen, Zemmour. Des chants antifascistes. L’avant du dĂ©filĂ© est très jeune, mais il y a aussi des familles, des syndicalistes, des personnes diverses.

Premier gaz lacrymogènes rue du Calvaire : une Ă©quipe de la BAC, hantise des mobilisations nantaises, est tenue Ă  distance. Les tags fleurissent sur les murs. Beaucoup d’affiches sont collĂ©es par plusieurs Ă©quipes tout au long du parcours. Puisque les mĂ©dias des milliardaires ont confisquĂ© le dĂ©bat, la parole s’exprime dans l’espace public.

ArrivĂ© Ă  Graslin, le cortège de «culture en lutte» qui s’est mobilisĂ© l’an dernier est sur les marches de l’OpĂ©ra. La rue bourgeoise CrĂ©billon est gardĂ©e par les forces de l’ordre. Nouvelles salves de gaz rue Jean-Jacques Rousseau, grenades de dĂ©sencerclement et feux d’artifice. Il fait chaud sous les Kways. Le cortège continue : l’idĂ©e est de terminer Place Royale pour partager un apĂ©ro et discuter de la suite. Mais la police est toujours lĂ  pour gâcher la fĂŞte. La manifestation est bloquĂ©e et massivement gazĂ©e sans sommation. Quelques barrières de chantiers barrent la voie du tram. Retour Ă  commerce. Ă€ dĂ©faut d’apĂ©ritif, un second tour s’engage, moins massif toutefois.

Le dispositif policier est plus oppressant. Place du Cirque, c’est l’attaque. La BAC s’en prend Ă  une femme, arrĂŞtĂ©e très brutalement. Beaucoup de tirs lacrymogènes. C’est la fin de manifestation, 5 personnes ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©es.

Après de longs mois d’atonie, cette mobilisation chantante et crĂ©ative contre le fascisme et pour prĂ©parer le troisième tour social Ă©tait une rĂ©ussite. Mais cela suffira-t-il Ă  faire face Ă  l’adversitĂ© inĂ©dite qui s’annonce ? Rien n’est moins sĂ»r.


📷 : Oli Mouazan, Elsa Gambin, Marion Lopez, Nicolas Mollé, Estelle Ruiz, NR