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🇵🇸 JÉNINE : UNE JOURNALISTE ABATTUE LORS D’UNE OFFENSIVE DE L’ARMÉE ISRAÉLIENNE

mai 11, 2022

La journaliste Shireen Abu Akleh, est une journaliste de nationalité Palestinienne et Américaine. Reporter, elle couvrait depuis 20 ans le conflit en Palestine, sur le terrain, au cœur des événement. Elle rapportait les exactions, les tirs, les arrestations, et était l’une des reporters les plus connues de la chaîne Al Jazeera. Elle avait également travaillé pour La Voix de la Palestine et Radio Monte-Carlo. Ce mercredi 11 mai, elle a été lors d’une offensive de l’armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine. Abattue alors qu’elle portait un gilet pare-balle et un casque avec les lettres «PRESS» parfaitement visible et lisible. Fauchée par une balle dans la tête, juste dans une aspérité de ses protections.

Pour les témoins sur place, le ministère de la santé palestinien et le média pour lequel elle travaillait, il ne fait aucun doute que l’armée israélienne a tué la journaliste. Pourtant, la propagande israélienne sème le doute, parle d’une fusillade, et affirme qu’il s’agirait d’une balle tirée par des palestiniens. Opération de confusion, qu’on entend parfois en France, lorsque les autorités insinuent qu’une personne mutilées aurait pu l’être par les «projectiles» de manifestants plutôt que par la police.

Sara Grira, journaliste pour le média Orient XXI s’insurge contre cette version «officielle» reprise dans certains médias : «Non, la journaliste n’a pas été “prise au milieu d’échanges de tirs entre l’armée israélienne et des hommes armés” Toute la séquence a été filmée par la chaîne. La journaliste Shyrine Abou Aqleh a reçu une balle derrière l’oreille, à l’un des rares endroits qui n’étaient couverts ni par son casque ni par son gilet par balles sur lesquels étaient clairement écrits PRESS. Elle était avec 4 autres journalistes étaient là pour couvrir quand elle a reçu une balle de sniper. Et les soldats ont continué à tirer quand elle est tombée à terre et que ses confrères tentaient de la secourir…» L’exécution sommaire d’une journaliste gênante ? Ces violences s’inscrivent dans une escalade marquée, ces dernières semaines, par l’attaque de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem par la police militaire israélienne, causant de nombreux blessé-es, dont plusieurs gravement.

En 2018, deux journalistes palestiniens, Yasser Murtaja et Ahmed Abu Hussein, étaient tués à Gaza. Au total, 50 journalistes palestinien-nes sont mort-es depuis 2000 à cause de l’occupation israélienne. Il y a aussi des dizaines de journalistes palestinien-nes détenu-es derrière les barreaux de l’occupation, dont Bushra al-Tawil, emprisonnée sans inculpation ni procès en détention administrative. Les démocraties occidentales s’insurgent régulièrement, à juste titre, contre les atteintes à la «liberté de la presse» commises par divers régimes. Seront-elles aussi fermes contre l’État colonial d’Israël ? Shireen Abu Akleh sera-t-elle morte en vain ?

Ce soir, les forces israéliennes répriment en empêchant les hommages qui s’organisent près du domicile de la journaliste défunte.

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