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🔴 IL Y A 13 ANS JOUR POUR JOUR : UN LYCÉEN DE 16 ANS MUTILÉ PAR UN TIR DE LBD À NANTES

novembre 27, 2020

– Histoire locale : l’expérimentation du LBD dans notre ville-

L’affiche qui se trouve en photo dénonce l’usage des Lanceurs de Balles de Défense, elle a été aperçue devant le rectorat de Nantes aujourd’hui.

Et pour cause, il y a 13 ans jour pour jour, c’est précisément à cet endroit qu’un lycéen nantais a perdu un œil. C’est le premier mutilé d’une longue série, par un tir de LBD, en France.

Nous sommes le 27 novembre 2007, la jeunesse manifeste dans tout le pays contre une mesure de privatisation des universités organisée par le gouvernement Sarkozy. Il y a des blocus, des manifestations, des facs sont occupées. Au même moment, la colère gronde dans les cités après la mort de deux adolescents percutés par une voiture de police à Villiers-le-Bel.

C’est dans ce contexte que le gouvernement fait expérimenter une arme nouvelle à l’époque : le LBD. Une arme qui ressemble à un fusil, équipé d’un viseur très précis, et beaucoup plus puissante que son ancêtre, le célèbre « Flash-Ball ». Le terrain d’expérimentation de ce LBD encore inconnu de la population, c’est la révolte : celle des quartiers, celle de la jeunesse.

C’est donc ce 27 novembre qu’un policier cagoulé – fait rare à l’époque – teste sa toute nouvelle arme, encore expérimentale, sur des lycéens en lutte devant le rectorat de Nantes. Il presse sur la détente, depuis son poste de tir, derrière une grille. Pierre, 16 ans, est gravement blessé. Il perdra l’usage de son œil droit. La terreur est telle, que dans les jours d’après, le mouvement étudiant et lycéen s’arrête. Le « test » de cette arme est donc concluant.

A partir de cette date, le LBD sera d’abord légalisé par Sarkozy, puis distribué massivement aux forces de l’ordre. Dans les années qui suivent, d’autres jeunes sont mutilés par des LBD partout en France : Geoffrey, Alexandre et Bruno, Ayoub, Nassuir, John, Quentin … Et bien d’autres. L’arme s’impose peu à peu dans la vie quotidienne des habitants des quartiers et de celles et ceux qui luttent. C’est aussi le début d’une longue séquence de violences policières de plus en plus barbares à Nantes, qui culminent avec la mort de Steve, d’Aboubcar et d’Abou en quelques mois en 2018 et 2019.

Le policier qui a tiré le 27 novembre 2007 à Nantes, n’a jamais été condamné.


Affiche par Antiproduct_

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