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IGPN : 70% DES PLAINTES POUR VIOLENCES POLICIÈRES DÉJÀ CLASSEES SANS SUITE

juillet 22, 2021


– Machine à blanchir –


En France, lorsqu’un policier commet des violences, il n’y a jamais d’enquête indépendante. C’est une officine policière appartenant au ministère de l’Intérieur, l’IGPN, appelée “police des polices” qui est chargée de l’affaire. Ce qui est déjà en soit un scandale. Au terme de cette enquête, la justice prend sa décision sur la seule base du «travail» orienté de l’IGPN.
L’IGPN vient de rendre public son «rapport» pour l’année 2020, qui revient sur les plaintes des Gilets Jaunes. Les chiffres sont accablants : sur 456 enquêtes judiciaires suite à des plaintes pour violences policières, 70% ont été classées sans suite. Soit l’immense majorité. Parmi ces plaintes classées, 70% le sont pour «absence d’infraction». Le rapport précise que «ce ne sont pas les conséquences même dramatiques de l’usage de la force qui fondent leur caractère légitime ou illégitime». Autrement dit, la police des police justifie les mains arrachées, les yeux explosés, les comas, en insinuant que cela pourrait être «légitime». L’usage d’armes de guerre contre des jets de cailloux serait donc «proportionnée».
Le reste des plaintes classées l’a été parce que les auteurs seraient «non-identifié». Autrement dit, quand l’affaire est vraiment accablante et la violence policière impossible à justifier, il suffit de dire qu’un tireur n’a pas été retrouvé. Facile : le gouvernement laisse les forces de l’ordre porter des cagoules et dissimuler leurs matricules. Il suffit donc à l’IGPN de dire qu’il n’y a pas d’auteur, donc qu’il faut classer l’affaire.
Par exemple, dans l’affaire des Gilets Jaunes tabassés dans un Burger King à Paris le 1er décembre 2018, c’est un juge qui avait dû obliger l’IGPN à retrouver les CRS, car l’institution prétendait qu’elle ne pouvait pas «identifier» les agents, pourtant facilement identifiables, pendant plusieurs mois.
Ainsi, sur plusieurs milliers de blessés par la police pendant les Gilets Jaunes, et 1000 cas recensés par David Dufresne, l’IGPN n’aura mené que 456 «enquêtes» dont la grande majorité est déjà enterrée. En 2020, 6 policiers ont été condamnés, et seulement 4 ont été mis en examen. Impunité organisée.

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