Nantes Révoltée

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DISSOLUTION : LA MAIRE DE NANTES (NE) S’INQUIÈTE (PAS) POUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

février 25, 2022

Des nouvelles de la mairie socialiste de Nantes


Le 22 février, Johanna Rolland donnait un long entretien au quotidien Ouest-France, et revenait sur la procédure de dissolution de Nantes Révoltée. Contrairement aux dizaines de milliers de signataires de notre pétition, aux syndicats de journalistes, à la Ligue des Droits de l’Homme ou à de nombreuses associations et syndicats de gauche, la maire ne s’inquiète absolument pas pour la liberté d’expression. Elle ne dénonce à aucun moment les attaques contre la presse organisées par gouvernement, ni l’utilisation répétées des dissolutions par le ministère de l’Intérieur.

Non. La maire socialiste «attend de voir ce que ça va donner, si ça va aller au bout» et qualifie la procédure de dissolution de «gesticulation». Johanna Rolland réclame même des «résultats» en terme de «maintien de l’ordre» et rappelle «sa condamnation ferme de tout acte de violence ou de dégradation». Attention, ici, elle ne parle pas des violences commises par la police contre la population nantaise. Elle soutient d’ailleurs la police en toutes les circonstances et réclame régulièrement plus d’effectifs à Nantes.

En clair, la porte parole de la candidate Anne Hidalgo trouve que Darmanin ne va pas assez vite ni assez loin. En disant «attendre des résultats» et en demandant des «résultats», elle insinue clairement que la répression du gouvernement n’est pas assez efficace. Le premier adjoint de la maire, Bassem Asseh, se lamente même que l’opération donne à Nantes Révoltée «une auréole de martyr». Pour rappel, les «résultats» du maintien de l’ordre à Nantes, ce sont plusieurs personnes mutilées à vie, des centaines blessées, des milliers privées de liberté, et la noyade de Steve le soir d’une fête de la musique.

Johanna Rolland a soutenu Manuel Valls lors de la primaire socialiste de 2017. Aujourd’hui, elle partage le rôle de porte parole d’Hidalgo aux côtés de Patrick Kanner, sénateur PS néo-conservateur, ultra-répressif, et proche de Valls et de Macron. Avec une «gauche» pareille, pas besoin de l’extrême droite. Le PS qui communiait contre Le Pen en 2002 et Sarkozy en 2007, et qui prétendait s’attaquer à la finance en 2012 s’est mué en petit groupuscule moribond, néolibéral, autoritaire et répressif.

Le site d’information Mediacités revient lui aussi sur la procédure de dissolution cette semaine. Le journaliste explique : «Après une douzaine de relances, le cabinet de Gérald Darmanin assure que ”la procédure suit actuellement son cours”. ”Attendez une dizaine de jours”, nous répond-on, bien loin du ton martial et empressé employé par le ministre il y a un mois.» Plus loin, l’article pour lequel nous n’avons pas été contacté-es donne la parole à Valérie Oppelt, députée En Marche : «Le dossier est en cours de constitution. Ils veulent bien le ficeler pour ne pas se louper devant le Conseil d’État. Ça peut prendre du temps».

La vigilance reste donc maximale, la dissolution peut être réellement enclenchée d’un jour à l’autre, malgré l’opposition massive à cette procédure.


Sources : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/dissolution-de-nantes-revoltee-johanna-rolland-epingle-les-elus-d-opposition-c04feb8c-9404-11ec-a4ce-5df62ce0a652

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