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🗳️ 4 SEMAINES DE CAMPAGNE LÉGISLATIVE

juin 11, 2022

Ce soir s’achève une «campagne» lĂ©gislative affolante, avec un prĂ©sident Ă©lu par un hold-up Ă©lectoral, dĂ©sormais en roue libre totale. Tout va tellement vite qu’un bilan s’impose pour ne pas oublier :

  • Le soir mĂŞme de l’Ă©lection de Macron : au cĹ“ur de Paris, deux frères sont abattus par une rafale tirĂ©e par policier pour un refus d’obtempĂ©rer. Le tireur a mitraillĂ© la voiture avec un fusil d’assaut, une arme rĂ©servĂ©e Ă  l’antiterrorisme. Les faits sont tellement graves que la justice met en examen le policier pour «homicide volontaire», fait rarissime. Aucune rĂ©action du gouvernement. Aucune remise en cause de l’usage d’armes de guerre contre la population civile.
  • 18 mai : un militant d’extrĂŞme droite abat d’une balle dans la tĂŞte un homme qu’il ne connaĂ®t pas, Ă  Paris. Quelques semaines plus tĂ´t, c’Ă©tait le rugbyman Aramburu qui Ă©tait tuĂ© par un nĂ©onazi dĂ©jĂ  poursuivi par la justice. Deux morts en un mois par balle par l’extrĂŞme droite. Silence radio du gouvernement.
  • 18 mai : un candidat LREM est prĂ©sentĂ© en Dordogne alors qu’il a Ă©tĂ© condamnĂ© pour avoir frappĂ© son ex-conjointe. InterrogĂ© Ă  ce sujet, le porte parole du gouvernement dĂ©clare que c’est «un honnĂŞte homme» et qu’il «ne ne le crois pas capable de violences sur les femmes».
  • 20 mai : Damien Abad, ancien responsable Les RĂ©publicains, est nommĂ© «Ministre des SolidaritĂ©s». Deux femmes l’accusent de viols. L’une d’elle a portĂ© plainte. Il Ă©tait aussi connu au Parlement pour ses «gestes dĂ©placĂ©s». Abad reste ministre. La Première Ministre ment, en disant qu’elle n’Ă©tait pas au courant des accusations. Dans la foulĂ©e, Rachida Dati accuse Gilles Le Gendre, poids lourd LREM, de harcèlement sexuel…
  • 28 mai : lors de la finale de la Ligue des Champions au Stade de France, la police française bloque pendant des heures les supporters de Liverpool. Puis les charge et les gaze, enfants compris. Les images provoquent un scandale mondial et mĂŞme une crise diplomatique. GĂ©rald Darmanin ment Ă  plusieurs reprises. Il invente notamment «40 000 faux billets» chez les supporters. La crise s’accentue cĂ´tĂ© anglais, face Ă  des mensonges aussi Ă©normes.
  • 4 juin : une militante Ă©colo interrompt un match de tennis a Rolland Garros pendant quelques secondes pour alerter sur l’urgence climatique. Elle fait 40h de garde Ă  vue. Le mĂŞme jour, deux enseignants jettent un peu de chantilly sur Jean-Michel Blanquer, ancien Ministre de l’Éducation. 8 heures de garde Ă  vue, poursuites pour «violence aggravĂ©e» et sanctions administratives dans leur collège.
  • 4 juin : la police ouvre encore le feu, en plein Paris, pour un refus d’obtempĂ©rer. La passagère, une jeune femme de 21 ans, est tuĂ©e d’une balle dans la tĂŞte. Le tireur a vidĂ© son chargeur au milieu d’une rue passante. Un compte officiel du Ministère de l’IntĂ©rieur tweete «La police on vous kiffe». Deux jours après, Macron annonce deux fois plus de policiers sur le terrain.
  • 7 juin : invitĂ©e Ă  la radio, la Première Ministre Élisabeth Borne est interrogĂ©e par une femme handicapĂ©e. Elle explique qu’Ă  cause de la dĂ©conjugalisation de l’allocation Adulte HandicapĂ©, elle est dĂ©pendante de son mari. Borne rĂ©pond qu’elle n’a qu’Ă  «reprendre une activitĂ© professionnelle». La dame fond en larme face Ă  une rĂ©ponse aussi inhumaine.
  • 8 juin : face Ă  des urgentistes, la nouvelle ministre de la santĂ© Brigitte Bourguignon refuse de dire qu’il y a une crise Ă  l’hĂ´pital.
  • Le mĂŞme jour, on apprend que les images de vidĂ©osurveillance du Stade de France, appartenant Ă  la FĂ©dĂ©ration Française de Football, ont Ă©tĂ© « effacĂ©es ». Peu après, la RATP explique qu’elle a aussi effacĂ© toutes ses images. Quel dommage. Pour couvrir des mensonges d’État ?
  • 9 juin : Macron se dĂ©place Ă  Gaillac pour rattraper cette campagne abjecte, et est interrogĂ© par Laura, une lycĂ©enne : «Vous mettez Ă  la tĂŞte de l’État des hommes accusĂ©s de viols et de violences sur les femmes. Pourquoi ? S’il vous plaĂ®t rĂ©pondez-moi». Le lendemain, des gendarmes dĂ©barquent dans son lycĂ©e pour intimider la jeune femme.
  • «RĂ©gime soviĂ©tique», «interdiction de couper du bois» : durant des semaines, le gouvernement a tentĂ© de construire un «front rĂ©publicain renversé» contre la gauche. Aucune critique contre l’extrĂŞme droite, mais un dĂ©chaĂ®nement jamais vu contre la NUPES, qui porte pourtant un projet très conventionnel, le plus dĂ©nominateur commun pour pouvoir se dire de gauche. Les mensonges sont tellement Ă©normes que l’AFP est obligĂ©e de dĂ©bunker les attaques.