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🌿 IL Y A 4 ANS, MACRON ATTAQUAIT LA ZAD DE NOTRE-DAME-DES-LANDES

avril 27, 2022

L’un des premiers gestes forts du quinquennat : dĂ©truire la ZAD


Lundi 9 avril 2018. La prĂ©fète de Loire-Atlantique se fĂ©licite, Ă  Nantes, des opĂ©rations de destructions sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes qui viennent de commencer. Macron est au pouvoir depuis moins d’un an et il pose son premier geste fort : l’assaut militarisĂ© d’une zone de lutte Ă©cologiste et anticapitaliste.

Trois mois plus tôt, le 17 janvier 2018. Macron annonçait l’abandon du projet destructeur d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. L’aboutissement de 50 ans de lutte. De 10 ans d’occupation de la zone. De manifestations mémorables rassemblant des dizaines de milliers de personnes – paysannes, urbaines, occupantes, jeunes et moins jeunes, émeutières ou pas – dans les rues de Nantes ou les sentiers de Notre-Dame-des-Landes. L’aboutissement de batailles rangées dans le bocage et de journées de reconstruction dans la boue. De rencontres et de nuits de fête. De dizaines de comités locaux et de longs débats.

Mais immĂ©diatement après, Macron se venge. C’est son style, faire payer le plus cher possible Ă  ses opposant-es le moindre recul. 2500 gendarmes, des drones, des hĂ©licoptères et des bulldozers sont envoyĂ©s sur la zone. Plus de 13 000 grenades sont tirĂ©es en quelques jours. La main d’un jeune homme est arrachĂ©e au mois de Mai. Pour la première fois depuis Mai 68, des blindĂ©s sont dĂ©ployĂ©s en mĂ©tropole. Ils seront rĂ©utilisĂ©s plus tard pendant les Gilets Jaunes. Il y a une intense rĂ©sistance sur zone, avec des reconstructions collectives et des manifestations particulièrement tendues au cĹ“ur de Nantes, regroupant des milliers de personnes.

Cette vague d’expulsions destructrice laisse des traces indélébiles. Des dizaines de maisons détruites, des centaines de blessé-es, des peines de prison. Des rancœurs entre différentes composantes de la lutte. Au printemps 2018, la zone autonome, incontrôlable et inaccessible à la police, a vécu. L’aéroport est abandonné, son monde mortifère règne encore. Mais il reste, dans le bocage, un espace qui cultive, qui nourrit les luttes, qui accueille, qui expérimente. Et des territoires en lutte ont éclot partout, contre les projets inutiles, destructeurs, écocidaires, du Poitou à la périphérie parisienne, de Grenoble au cœur de Marseille.

N’oublions pas cette première sĂ©quence d’expulsions, lors du premier quinquennat de Macron. Elle a inaugurĂ© un cycle de barbarie rĂ©pressive. N’oublions pas non plus que les rĂ©sistances sont innombrables face aux blindĂ©s du pouvoir.


đź“· : Marin Driguez, Maka, Presse