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LES “BLACK BLOCS” SONT-ILS DES POLICIERS “INFILTRÉS” ?

octobre 3, 2019

________ NON ________

Explications :

Une offensive a lieu ces derniers jours sur internet pour faire croire que les « black blocs » seraient des « infiltrés », qui serviraient à « discréditer » le mouvement des Gilets Jaunes. Elle vient des syndicats policiers, qui réclament moins de « laxisme » contre les manifestants, mais aussi des factions complotistes et droitières du mouvement des Gilets Jaunes.

Mais alors, les « black blocs » sont-ils des « infiltrés » ?

La réponse en un mot : NON

Explications :
  • • D’abord parce que « les black blocs » n’existent pas.
  • Le « black bloc » n’est qu’une technique : s’habiller en noir pour ne pas être identifié.
  • N’importe qui peut l’utiliser. Jeune ou vieux, pacifiste ou pas.
  • C’est même une décision assez raisonnable, puisque les arrestations se comptent par centaines ces dernières semaines à cause des caméras qui prennent des images des manifs.
  • Dans ce contexte, c’est ne pas se masquer qui est inconscient.
  • • Le black bloc est une tactique qu’on a vu lors de contre-sommet, de certains conflits sociaux, ou encore, en ce moment, à Hong Kong.
  • En France, le « black bloc » n’existe pas vraiment.
  • On n’a jamais vu de cortège entièrement noir, prêt à en découdre. Il y a beaucoup de fantasmes sur quelque chose d’inexistant. Ce qu’on observe, ce sont des « cortège de tête », mélangés, avec des gens divers, dans lesquels certains manifestants sont masqués.
  • Du reste, on a aussi pu voir des Gilets Jaunes, absolument pas habillés en noir, déployer une violence bien supérieure à tout ce qui était attribué, auparavant, aux « black blocs ».
  • • « Ce sont des agents infiltrés ».
  • Dans le contexte actuel, avec les milliers de blessés et les dizaines de mutilés, la police serait littéralement inconsciente d’envoyer des « infiltrés » dans ces cortèges.
  • Ce serait beaucoup trop risqué pour les agents, celles et ceux qui font les manifs le savent très bien.
  • • « D’accord, mais ils discréditent nos manifs ».
  • Ah bon ? Petit retour en arrière.
  • Début décembre 2018 :
  • c’est LE seul moment depuis des années où un gouvernement prend peur. Maron est tétanisé, il lâche du lest.
  • Dans les médias, c’est la panique.
  • Pourquoi ? Que se passe-t-il dans les rues ?
  • Des affrontements de grande ampleur.
  • Des barricades sur les Champs Élysées.
  • L’Arc de Triomphe envahi.
  • Les quartiers luxueux et l’Élysée ciblés.
  • Les Gilets Jaunes n’ont jamais été autant pris au sérieux qu’à ce moment là. Quoiqu’on pense du recours à la violence, les faits sont là :
  • le seul mode d’action qui a fait trembler le pouvoir, c’est l’alliance entre des blocages économiques de grande ampleur et des manifestations émeutières.
  • Les autres modes d’action font bien rire le gouvernement.
  • • « Oui, mais la police les laisse faire ».
  • C’est un mensonge absolu. On ne compte plus les participants des cortèges de tête ou des manifestations les plus déterminées blessés, arrêtés, mutilés.
  • Presque toutes celles et ceux qui se sont déjà habillés en noir en manif savent qu’ils sont une cible prioritaire des forces de l’ordre.
  • Les banderoles de tête reçoivent systématiquement des tirs et des charges. Les personnes habillées en noirs sont souvent arrêtées, et lourdement condamnées dans les tribunaux.
  • • « C’est à cause des Black blocs qu’il y a des violences policières ».
  • C’est une plaisanterie ?
  • Dès le 17 et le 24 novembre, la répression a été colossale. Manifestants blessés, arrêtés, gaz. Il n’y avait pourtant aucun « black bloc ».
  • Sur d’autres mobilisations, par exemple les grèves de profs, les manifestations lycéennes, il n’y a pas non plus de « black bloc », pourtant la répression se déchaîne.
  • Le gouvernement en place ne tolère plus aucune contestation. D’ailleurs, les marches pour le climat ou les récentes manifs de Gilets Jaunes, très pacifiques, n’ont absolument pas empêché les violences policières.
  • Au contraire.

Alors, à quoi servent ces énormes mensonges ?

D’abord ils servent la police.

Lorsque des syndicats policiers osent prétendre – de façon mensongère – qu’il y aurait du « laxisme » contre les « black blocs », ils réclament en fait le droit de réprimer encore plus, d’être encore plus violents, d’avoir les coudées encore plus franches.

Ces mensonges servent aussi à l’extrême droite et au pouvoir, deux camps qui veulent à tout prix empêcher la convergences entre les luttes de Gilets Jaunes, les anticapitalistes, et les luttes pour le climat, etc …

Bref, les couplets complotistes sur les « black blocs » ne sont pas seulement mensongers :

ils sont dangereux.

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