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L’ANCIENNE PRÉFÈTE DE NANTES PROFITAIT D’UN HLM A PARIS !

juillet 11, 2019

Elle avait mené une répression terrible à Nantes et sur la ZAD de Notre-Dame-des-Lande.

Les scandales se succèdent dans la Cour de Macron. De Rugy (son portrait ici) s’offre des repas d’un luxe obscène dans son château. Ou fait des travaux hors de prix dans son logement avec l’argent public. On apprend à présent que sa directrice de cabinet a usurpé un Habitat social ! Nicole Klein, bras droit du ministre de l’écologie, profitait depuis quasiment 20 ans d’un appartement social au cœur de Paris, alors qu’elle n’y vivait plus. Nicole Klein est bien connue à Nantes, puisqu’elle a été préfète de la ville pendant plusieurs années. Et qu’elle s’est illustrée par une implacable répression. Portrait d’un sinistre personnage.

EXPULSIONS

Nicole Klein devient préfète de Loire-Atlantique au début de l’année 2017. Juste avant l’élection de Macron. Son bilan local, c’est d’abord une chasse sans relâche contre les étrangers : une dizaine d’expulsions à Nantes en quelques mois. Un record. Dans la Cité des Ducs, un important mouvement de solidarité avec les réfugiés s’organise pour donner un toit aux familles à la rue, donner un logement décent à celles et ceux qui n’ont plus rien. Plusieurs bâtiments vides ont été réquisitionnés pour loger les personnes à la rue. A chaque fois, Nicole Klein n’a répondu que par la violence : expulsions menées immédiatement par des centaines de CRS, arrestations, intimidations. La préfète est allé jusqu’à expulser un square au cœur de Nantes, où vivaient des exilés, sous des tentes de fortune.

ZAD

Au printemps 2018, c’est Nicole Klein qui organise l’énorme attaque de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Une opération sans précédent, qui mobilise 2500 gendarmes, des blindés, des hélicoptères et des drones. En quelques jours, plus de 13 000 grenades sont tirées dans le bocage nantais. Des cabanes sont prises d’assaut, et détruites immédiatement. Des centaines de personnes sont blessées, notamment par les explosions des désormais célèbres grenades GLI F4. Un jeune manifestant a la main arrachée par l’explosion de l’une d’entre elles. Lorsque les gendarmes se retirent, la ZAD est dévastée, meurtrie et polluée par les munitions.Le 21 août, la préfète intervient sur BFM TV pour expliquer son attaque : elle déclare le plus sérieusement du monde que les gendarmes ont du faire face à des « gens qui portent une raquette » qui servent à renvoyer des lacrymogènes. Nicole Klein, tout en proportion.

MILITARISATION NANTAISE

Après l’arrivée de la préfète à Nantes, plus aucune manifestation n’est possible sans un encadrement délirant par des policiers armés. A plusieurs reprises, les nantais assistent à des défilés de quelques centaines de lycéens littéralement pris en étaux par un nombre supérieur de forces de l’ordre. Même les syndicalistes sont réprimés. Des militants CGT sont blessés et arrêtés à plusieurs reprises, ce qui est assez nouveau. Plus aucune initiative n’est tolérée.

A l’été 2018, un jeune est tué dans le quartier du Breil : Aboubacar meurt après qu’un CRS lui ait tiré dessus sans raison. La ville s’embrase. Plutôt que de calmer le jeu, encore une fois, la préfère militarise les quartiers. Des grenades explosives et lacrymogènes pleuvent entre les tours.

ADORÉE PAR LES MÉDIAS

La préfète reçoit les éloges de la presse, après sa « victoire » contre la ZAD. En juillet 2018 le journal Libération sort un portrait laudateur pour Nicole Klein, décrite comme « habile », « féministe » à « la voix douce ». Le journaliste précise qu’elle « aime le poisson ». Le quotidien Ouest-France, peu avare en compliments, la décrit alors comme « audacieuse », «courageuse », « équilibriste », et même « femme de gauche ». Histoire de faire oublier que son vrai bilan, c’est plusieurs centaines de blessés et de mutilés, des manifs interdites, des expulsions en série à Nantes et sur la ZAD.

Automne 2018, on apprend que cette préfète, qui devait prendre sa retraite, devient finalement directrice de cabinet de François Goullet de Rugy. Celle qui a saccagé le bocage nantais est le bras droit d’un ministre de l’écologie carriériste et sécuritaire.

Nicole Klein, si pointilleuse sur les logements des autres, puisqu’elle a expulsé des dizaines de familles accusées d’occuper « illégalement » des cabanes ou des bâtiments vides, n’a pas eu la même vigilance pour elle même. Alors qu’elle était logée à la préfecture de Nantes, elle conservait tranquillement un logement social inoccupé à Paris. Le salaire d’un préfet est évalué à plus de 6000 euros par mois. Un revenu indécent lorsqu’on profite d’un HLM offert par la République.

Disgrâce finale. Nicole Klein annonce aujourd’hui « c’est François de Rugy qui souhaite expressément que je parte ». Une bien maigre récompense, pour des années de loyaux service pour le compte d’un régime autoritaire et injuste.

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