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ARRÊTÉ 18 ANS APRÈS LE G8 DE GÊNES !

août 12, 2019

Policiers devant le corps de Carlo Giuliani, tué le 20 juillet 2001 à Gênes.


Un italien condamné à 13 ans de prison pour une manif en 2001. Menacé d’extradition vers l’Italie de Salvini

Juillet 2001. Un sommet international rassemble les dirigeants les plus puissants du monde à Gênes, en Italie. C’est le G8. C’est aussi l’occasion pour une immense vague de contestation altermondialiste de se réunir et de manifester. Près d’un million de personnes se retrouvent dans la ville, pour un contre-sommet. Le gouvernement italien répond par la manière forte. Des violences policières extrêmes ont lieu : passage à tabac par centaines, charges incessantes, arrestations de masse. Et même des cas de torture, dans plusieurs commissariats. Le 20 juillet 2001, un jeune manifestant, Carlo Giuliani, est tué d’une balle dans la tête par un policier italien. L’organisation Amnesty International parle, à l’époque, de « la plus grave atteinte aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la fin de la seconde guerre mondiale. » Aucun policier, aucun ministre, aucun commissaire ne sera jamais inquiété. L’Italie sera pourtant condamnée, quinze ans plus tard par la Cour européenne des droits de l’homme pour n’avoir jamais poursuivi en justice ni identifié les auteurs de violences. Alors quun responsable policier avait publiquement admis des «actes de torture».

Ce G8 est une véritable tournant dans l’histoire des mouvements contre la mondialisation et le capitalisme. Si les voyous en costards et en uniforme ne seront jamais inquiétés, la justice italienne frappe fort contre les manifestants. Il faut des exemples. Des peines allant jusqu’à une quinzaine d’années de prison sont été prononcées contre plusieurs personnes !

Nous sommes 18 ans après les faits. 18 ans après ce G8 terrible. Vincenzo, italien d’une quarantaine d’années, est installé depuis longtemps en Bretagne, dans une commune du Morbihan. Il y a sa vie, ses amis, sa famille. Il est engagé dans le tissu associatif local. Il vit et travaille ici. Mais Vincenzo a le malheur d’avoir participé au G8 de Gênes. Il est toujours recherché, depuis 18 ans, par la justice italienne. Il vient d’être interpellé par la brigade nationale de recherche des fugitifs sur le fondement de deux mandats d’arrêt européens. Il est à présent emprisonné à la prison de Rennes. On ne retrouve jamais les évadés fiscaux, les trafiquants d’armes, ou les policiers violentes. Mais pour terroriser les opposants au capitalisme, les États ne lâchent jamais.

Dans l’Italie de 2019, c’est un gouvernement d’extrême droite, proche du fascisme, qui est au pouvoir. C’est ce gouvernement qui veut la tête de Vincenzo. La tête d’un militant anticapitaliste, et antifasciste, traqué depuis 2001. Si Macron accepte d’extrader Vincenzo vers l’Italie, celui-ci devra purger une peine de 13 ans de prison ! Si le gouvernement français le renvoie chez Salvini, il est ouvertement complice de l’extrême droite.

On peut aussi s’interroger sur l’opportunité de faire une telle arrestation médiatisée et symbolique à la veille du G7 de Biarritz. Est-ce une menace ? Une intimidation ?

Quoiqu’il en soit, un comité de soutien à Vincenzo s’est constitué, et appelle à se retrouver mercredi 14 août à 11h devant la cour d’appel de Rennes, qui doit statuer sur son sort.


Sources :

Libération : https://www.liberation.fr/france/2019/08/11/des-bretons-choques-par-l-arrestation-d-un-altermondialiste-italien_1744909

Un documentaire sur le G8 de Gênes : https://www.youtube.com/watch?v=2eDYWoBA5TY

Page facebook de soutien à Vincenzo : https://www.facebook.com/soutienvincenzo/

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